jeudi 20 décembre 2012

La nouvelle Olympia




Sandra se dévoilant.


Ce jour est venu où… ils m’ont contacté pour que j’écrive un texte censé amuser ces quelques messieurs-dames d'un public - massé aux devantures - assoiffé de livres de poche bon marché : classiques du 19e pour leurs bambins inscrits dans les écoles privées de la grosse et vilaine banane, déblatérant dans un français cabotin tournant à vide. Passée, la commande : un texte, à court d'argument, on avance une liste de personnalités littéraires qui se considèrent hors-norme, décrivant, la courbe médiocre et boueuse d'un microcosme mort-né des décombres de l'été 97, notre Shoah miniature.






Dix ans, la même chaleur, ce jour de septembre, la même pollution qui étouffe les bronches. Les particules de poussière qui font mal à la gorge, les rumeurs les plus folles courent les rues d'une cité noyée dans un état mélancolique frôlant un désastre aussi désolant que la mort de Gargamel dans le premier numéro des aventures de ces vaillants Schtroumpfs. Et que dire des propos tenus par le responsable marketing de la firme qui a engagé ce bédéiste de Charleroi, hein ? ! Et comment tu l'as fait tuer dés le premier numéro ? Non mais, il a eu droit à dix bulles, ni plus ni moins, non, mais ?


Y a plus de suspense, y aura rien après ça, comment va-t-on écouler nos aventures ?


Y a eu deux articles et un décès retentissant, tout le monde en parlait, sous le manteau, le général était un illustre inconnu, les gars venaient à bafouiller un prénom rendu ambigu par un phonème qui a muté , les images de lui prises par un téléobjectif nous sont anthologiques, le mec caressait du mythe, on nageait en plein odyssée…


C'était comme si ce que je voyais n'était que pure illusion, en fait, ils sont tous morts, une bombe à neutron a tout fait souffler, plus rien n'est resté…je parle des êtres vivants, j'aurais voulu voir des chats, des chats parcourant didouche ou amirouche à pied ou sur mobylette… dix ans sont passés et l'on s'agglutine dans des officines où l'on vend des forfaits de portable en pagaille, des hommes sont déguisés en livreur de sac de jute chargés de fric des banques, sécurité qu'on a fixée sur leurs uniformes couleur crême, la tonalité préférée des banlieusards dotés de villas, la banlieue se vêtit de cette couleur saharienne, blanc sale environ blanc cassé puis crème.


Réveil lourdaud d'une matinée blafarde, la descente du lit marque accroche la conscience du néant à venir, comment construire le trois-huit absent des conventions collectives de la centrale syndicale du coin ? Autre chose l'a réveillé ce matin-là, le gland était sanglant, le corps du pénis traversé par des spasmes roucoulants mécaniquement en direction du plafond. Ariane Xème du nom se soulève, dressée à mort… écrasé par cette volonté de se rendormir, ne pas se réveiller … et… l'écran s'allume : la mémoire vive s'ébranle dans un décompte rapide, la connexion, restent quelques jours, faut payer de nouveau l'abonnement, les œuvres filmiques de Sandra Shine et de Vanessa michaels sont à moitié aspirées, Sandra c'est la plus belle sinon la plus fantasmée car oui, elle ne pratique pas de sexe réel, même si une vidéo avec son petit ami contredit la thèse, elle a circulé un temps, montrant ses performances sur le vert pâturage d'une table de billard… la Hongrie, il faut en convenir, est ce beau pays sans façade maritime qui, cependant, exporte via les voisins germains et français ses plus belles filles, brunes incendiaires aux visages d'ange: saintes nitouches, visages fins, blondes juteuses par le regard ivre de bites démesurées , filles d'entre les deux mondes, un soupçon de plaines d'Asie centrale et de slavisme avéré : le rêve ! Anita, quant à elle, s'est fait refaire les seins car ils étaient un peu pendouillants. En Allemagne, sa carrière avait commencé dans la générosité et dans la diversité des plus permissives, partouzes, sodomie, double pénétration, ejac faciales et certainement, mais il faudra le vérifier, du ass-to-mouth pour la plus dégueulasse des voluptés d’alors ; Anita l'autre, elles sont, faut-il le préciser, deux, a commencé elle aussi en Allemagne dans le même registre , elle aussi comme l'autre mais en blonde, pourvue de formes naturelles très choyées par l'industrie du porno, doit s'envoler épisodiquement pour Paris , du cul bon chic bon genre bien propret, ensuite partance direction la Californie La Mecque de l'industrie. Là bas, la peau des filles luit suinte la crème autobronzante et l’huile afin de souligner les formes… en même temps , la concurrence est rude mais Anita & Anita deviennent pornostars, quant à Sandra, la plus jeune, elle a fait le choix du softcore, excepté cette vidéo donc, démente parce que difficile à classer, en effet, on voit le mec la lustrer pour qu’ensuite l’empoigner : le suspense est à son comble, la main réconforte le sexe se débattant sous le pantalon, enlevé, le pantalon et puis le slip aussi, il faut s'attendre à du sexe réel… mais non, y a de la volte-face dans l’air : il est finalement tout habillé, rien n’en sortira du magasin, il ne fait que la tripoter, il lui suce la langue avec bonheur , parce que faut dire que c’est facile de tomber amoureux d’une bombe pareille, des yeux de jais, une bouche à mourir, une peau à tomber tout ça moulé dans un mètre soixante-quinze, il lui malaxe les seins , mais y a pire , elle est à poil, lui pas, il lui fouille la vulve avec sa langue ensuite il fourre un puis deux doigts, des spasmes passent dans le corps de la chanceuse, la bite toujours hors champs, doit être rouge de colère, la furie est à son comble, le nez du type exhale le paradis boursouflé de la vulve de Sandra; par la suite, l'incendiaire pose son cul fiévreux sur la gueule du mec dont on perçoit la bouche équipée d'une langue bien râpeuse, idéale pour fouiller, l'écran s'enduit de sperme vaillant, la colère explose, le parterre est victime d'un tapis de bombe crémeux , encore un … pour laver l'affront du vide en meufs ici bas…





Tu tires sur ta bite, pour la quatrième fois, peut-être, les courbatures s'infiltrent de partout, la purulence du parterre jauni par les déjections de la semaine ne compte pour rien, il n y aura pas de cinquième fois, la crème pâtissière se raréfiant…





Alors que je devais dormir, il était bien tard, c’est boulot demain, je me suis laissé aller, t’étais allé tellement fort sur la bite, à la troisième affaire, me rappelle d’un trio sulfureux avec l'incroyable Tera que je regardais avidement, le premier mec avait déchargé dans sa sublime bouche de croqueuse qui avala sans perdre une goutte de foutre. C'était à cet instant précis que le muezzin entreprit de suspendre les ventrées d'une nuitée de ramadan, et moi qui devait récupérer, à peine si je réalisais la situation, j'avais déserté cette terre des haut-parleurs, déchargé mon fiel pour la énième fois, il faut dormir now…



Br.




   


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