jeudi 24 juillet 2014

à Nesrine

Je ne pouvais pas reprendre le fil du blog sans parler d'elle, désormais absente, il semblerait que beaucoup en parlent mais ne l'ayant pas connue de la façon que je l'ai côtoyée durant plusieurs mois, il y avait certes des divergences de vue, des joutes très dures, la brouille et son corollaire d'injures, ainsi sarcasme et mesquinerie bouffonne rencontraient la bonne foi, la naïveté et la gourmandise de vivre du sosie de Charlotte Rampling ;  j'aimais ferrailler avec  car elle avait suffisamment de cette candeur - assurément plus constructive - devenue denrée rare dans la grosse banane pourrie qu'est devenu le croissant algérois pour avoir à passer le message à ceux pour lequel j'avais le plus total  mépris en conséquence de quoi je m'abstenais à prodiguer les quelques conseils qui me ferait réviser mes conclusions sur leur personne. 
Nesrine détenait la vérité de ceux pour qui chaque minute de l'existence devait compter pour à la fois : 

--- Pratiquer la photographie en groupe et trouver de la joie à capturer un oued desséché d'une zone aride des environs de Guelma --- Essayer tous les cocktails de la Cascade  à Alger centre et fait unique, établissement ou l on peut manger et boire à même le comptoir --- siroter tranquille un baileys chez Djamel dans un décor de chalet suisse et causer cool vers deux heures du matin sur le temps qui passe avec une blogueuse à l'écriture fine et coulante qui se reconnaîtra --- Côtoyer  des années durant des serpents au venin crachotant ( les plus dangereux) : les journalistes et assurer des reportages des vrais sur les vrais gens qui vivotent dans le ventre mou du tell, ou des chefs-lieux de dairas inconnues du bataillon. 
Aussi, je me souviens l'avoir croisée à l'aéroport d'Oran par 32 degrés à l'ombre en plein ramadan de retour elle de reportage. Tandis que la plupart de ses confrères préfèrent encore se tirer à Paris, Marseille ou Bali de peur de jeûner dans le bas pays. 
--- Regarder beaucoup de films en DVD pour rattraper son retard sur la chose cinoche, Tenter ainsi de réaliser un film court à propos de ceux qui souffrent comme elle, des sursitaires sur Terre pour cause de reins défectueux, le fil de la vie constamment relié à la machine.
Rire avec les yeux ( pure noisette contredisant l'article crétin de Samir A. qui aurait vu des yeux noirs parfaitement de fiction), on aurait pu confier l'hommage à  Hamid Tahri, expert en chef des portraits et des carnets nécrologiques de personnalités éminentes du spectre national ou à l'un de ses amis au talent scribouilleur plus certifié et donc  plus légitime, je pense à Y.B.
--- Méditer en silence, les yeux un peu plus refermés comme pour mieux fixer ceux de l'interlocuteur et ce   après discussion enflammée sur l'art et la vie vaut de sa part une approbation digne de la signature d'un accord de paix nord irlandais qui tiendrait trente ans au bas mot.

A toute, Nesrine.

Lune du 12 juillet dernier.