lundi 12 novembre 2012

what's a mook ?

Lu Antoine Compagnon, un des seuls blogueurs digestes du Huffington Post : http://is.gd/ZcZuuT ( pour rappel, le huffington c'est le pure player qui monte qui monte et dont je parcours quotidiennement les pages, autrement dit je le lis souvent, car les salauds i savent attirer le pigeon. )


Me, the mook ?


Dans sa dernière livraison, il a évoqué le mot mooks ou son singulier mook, il a entamé son enquête étymologique - il est professeur de littérature comparée au Collège de France (vénérable institution de la rue des Ecoles in Paris, ou l'on peut y admirer les esprits les plus brillants en compagnie de SDF ou de mamies retraitées, vous avez compris, on y entre sans diplôme ni contrainte.) pour étayer son enquête  il convoque tour à tour la langue japonaise, Joyce, du latin et et ... un film fétiche, un superbe scorsese ( qui, comme tout le monde sait est mort en 96 aprés avoir fini de monter avec la vieille Thelma son Kasssinauw) Mean Streets, brillant diamant brut, film frais cool, une histoire de petits malfrats sans conséquence, imaginant des petites truanderies, impliqués dans des petites trahisons qui supposent des petites sommes ( même la mort n'est jamais convoquée, car elle n'a pas lieu d'exister dans cet écosystème de petits voyous, juste une blessure à l'oreille, un coup de canif dans la cuisse, des cris d'orfraie pour ceux qui se rappellent du final de l'opus signé en 1973.) 

oui parce qu'il y a une scène dans Mean Streets, une scène qui parle à nous autres Algériens ( ou en général, les maghrébins), coutumiers du fait, car on croirait entendre le fameux m. word le mot "mok" ou "mouc" "mouk" donc notre "mook", qui a pour conséquence de résonner en nous comme l'affront suprême, la plus parfaite des insultes.  Antoine Compagnon a dû s'égarer au Japon ou dans les pubs dublinois alors qu'il est évident que l'ascendance sicilienne de la plupart des protagonistes de cette affaire soit pour quelque chose ( y a qu'à voir la vidéo youtube extraite du Scorsese où le gros rital derrière le comptoir refuse de payer le fric qu'il doit à la bande de Johnny Boy et traite l'un d'eux de "mook" : " on paie pas les mooks ici". Et l'autre de répliquer : "c'est quoi un mook, tu n'as pas à me traiter de mook !") 





là ou Compagnon touche au but, c'est que mook possède un potentiel phonique naturellement grossier et indécent et ça, bien entendu, sans même savoir de quoi il retourne. Et si on a le malheur d’être Sicilien, la Sicile, faut-il le rappeler, fut traversée par des envahisseurs de toute sorte car elle est cette chance de se situer dans un couloir civilisationnel ( beaucoup de courants d'air là bas) , les conquérants arabes ont bien sur débarqué (ou comme avait rappelé Dennis Hopper à la face du chef de la mafia Walken dans la scène mythique de True Romance de Tony Scott : " mais les siciliens ont été procrées par des nègres, ... car les Maures qui ont conquis l’île ben c'est des nègres et les Maures ont tellement baisé avec les siciliennes qu'ils ont changé la face de l’île à tout jamais." et le père Hopper finissait sa tirade avec un sentencieux : "tes ancêtres étaient des nègres.")
Les Maltais voisins de la Sicile parlent un sabir proche des dialectes algérois et tunisois , et mook n'est à priori que la retranscription de mok (avec le possessif signalé par le " K " placé en suffixe comme dans toute langue sémitique (chamito-sémitique ou afro-asiatique pour ne pas donner gage aux mythes bibliques) et ça donne le rugueux "ta mère !" et plus généralement dans le parler algérois, ça réduit souvent à insulter son prochain comme pour dire "ta mère la pute" on dit donc pour abréger : "ou mok (? أو موك  / et ta mère ?) 


La preuve par l'image : ou comment atteindre l'honneur d'un Sicilien ou d'un Corse ou d'un Algérien etc... , traitez sa mère de pute et vous verrez, castagne assurée...