mardi 16 octobre 2012

Irishman in New York

queue ça fasse-bander, Amen


Revu des scènes de Shame de Steve Mcqueen, je voulais dans un premier temps chroniquer le second film de l'artiste contemporain mondialisé ( il vit entre Londres et New York, il expose entre Paris et Tokyo, son travail est une réflexion complexe sur un monde déchiré par ses propres contradictions blablabla) mais non, j'ai préféré vous montrer deux captures d'une séquence forte, le manieur de bite Fassbender tombe enfin amoureux, lui, l’obsédé révulsé par lui même assez typique de la chair triste bien connue de certains réal ouvertement homos ( faut le dire, la plupart des "contacts" hommes femmes dans le film offrent un spectacle assez glaçant certains diront mortifère) le héros est falling in love avec sa collègue de bureau, une femme noire ; il l’emmène dans sa garçonnière avec chambre sur vue imprenable sur l'east river et les docks de la grosse pomme ( ptet hein, c'est ptet Brooklyn en face) 
ils se dessapent, ils se bouffent littéralement, ben non, il bande pas, le monsieur est grave, le canasson est blessé, il prie la naïade de partir ( cas de racisme ? ) c'est ce qu'on va voir,
parce que la séquence qui survient juste après ( y a cas flagrant de préméditation monsieur mcqueen ça doit être dans le script) , il reprend intensivement ce pourquoi on l'a engagé dans le film, une machine à baiser ou à plutot à trouver tout objet troué occasionnant le coulissage de sa chose ( un morceau de foie, peut être ? ) mais là elle est blanche type wasp ou même peut être retour aux sources gaéliques, mince, elle a la beauté irlandaise,
Mais nous ne saurons rien de ce cas de racisme étouffé toute honte bue ( l'autre explication n'est pas plus excitante ni novatrice, elle  serait le fait qu'un sex addict ne puisse assumer du sentiment amoureux),
 car dans le film moderne mondialisé ou plutôt le film d'auteur mondialisé, il n'y a pas de place pour l'explication, tout doit être "sensitive" aucune pédagogie ne doit être de mise, au spectateur de travailler, de faire son propre film, à ce rythme là, on pourrait écrire une tonne d'histoires donnant lieu à la fameuse suite de tableaux composés avec le soin d'un peintre néerlandais du 17e ( et non pas une mise en lien dialectique  des composants autrement plus fructueuse dans les films qui nous intéressent) qui s'avère être qu'une simple association des tableaux qui n'a pas grand chose à signifier incapable à faire cracher le morceaux à ce début du siècle...
le maître mot le voilà : c'est l'expérience sensorielle, tu sais quand ça se veut  sérieux, comme lors d'une séquence sans parlote, tout passe par le silence ou bien par les gloussements dans pareil cas, passer outre les mots, un cinéma qui ne croirait plus en ses propres moyens ( image et sons) faut approfondir ça !
on y reviendra...


screenshot 1 : bandemou avec la femme noire 



screenshot 2 : retrouvant de la vigueur avec la blonde du coin




parce que la fin du film est de cet acabit et se joue comme un court métrage autonome du reste. Le dispositif mis en place est assez affligeant : une cascade de scènes symptomatique de l'enflure d'un réalisateur ne sachant quoi faire dans le final,  un peu de rédemption et des pleurnicheries dans la froide matinée d'un mois de novembre nord-américain avec en prime sa soirée de baises alternatives en tout genre ( au choix, on a droit à la séquence du backroom gay qui se veut être une expérience initiatique/cathartique dans le genre de l’hétéro qui éprouverait les limites de la discipline ou bien la séquence de triolisme). Le tout dominé par cette musique de violon tristement grave  ( le passage du temps aidant, on se souviendra que du violon, autrement dit, on a vite  oublié la suite d'images arty chic de gros plans de coïts filmés en filtres jaunies ou bleutés)
sinon pour se montrer plus constructif, cette séquence de nuit est à  mettre en parallèle avec la soirée initiatique de Tom Cruise dans eyes wide shut qui est autrement plus subtile, autrement plus signifiante.

"Shame" de Steve McQueen (2011) durée : 99 mn, format scope couleurs avec Michael Fassbender et Carey Mulligan.